On peut avoir une vision très angélique du monde et se dire que la diversité des silhouettes est un bien. Oui, on peut avoir cette attitude et dire sur les réseaux sociaux qu’être gros n’est pas un problème. On peut même revendiquer une identité de gros, inventer le concept de mannequins rondes et communiquer sur le « Big is beautiful ».
Sauf qu’être gros, c’est assez difficile à vivre. On vous regarde, on vous juge on vous réifie dans cette identité de gros. Gros devient un élément identifiant de ce que vous êtes. Pourquoi ? Parce que vous êtes au-delà d’une norme. Cette norme, vous pouvez vous en fiche, vous pouvez demander à ce qu’elle vous soit argumentée, mais vous sentez qu’elle existe. Quand on est du point de vue de celui qui regarde le gros, on ne peut pas s’empêcher d’émettre un jugement intérieur.
Bien entendu, le jugement n’est pas une vérité :  on peut dépasser son jugement mais on ne peut pas faire que la réalité ne soit pas. Il y a des maigres, il y a des gros, c’est comme ça.
Par convention(les normes dont nous avons parlé) , par l’esprit de compétition de l’époque(et qui dure) , par notre volonté intrinsèque de continuer à optimiser l’humain par la machine, on peut se dire que l’humanité tend à rejeter l’exception. Ce n’est pas un hasard, si le règne des régimes, des solutions minceur, du sport, de la mécanisation de l’humain perdure. Il faut le savoir, il faut le sentir : nous ne continuerons pas à vivre dans un monde ou l’écart par rapport à la norme continuera à être vécue comme une imperfection à corriger. Il pourrait arriver un jour où être gros sera interdit.
Préparez-vous. Le tableau est noirci à dessein. Mais tout ce que nous savons de notre époque fait que l’hypothèse d’un monde ou les surpoids est intolérable n’est pas folle. Préparez-vous. Oui mais comment ? Si vous le pouvez encore, insister sur les régimes qui marchent en vous faisant aider et suivre par un médecin qualifié. Passez par la liposuccion :  ça ne fait pas maigrir mais ça disloque les bouées apparentes.
Mais surtout guettez les progrès des techniques. Si déjà pour des embryons, on suppose qu’il est possible d’agir sur des maladies probables, sur leur sexe, sur leur capital génétique, il est assez probable qu’on pourra agir directement sur les causes héréditaires, génétiques du poids.
Avant que ça n’arrive et après que ce soit arrivé. Peut être que la nutrition aura également changé : comme dans certains films de science fiction (Le cinquième élément) vous vous nourrirez de gélules fournissant uniquement les nutriments nécessaires au fonctionnement du métabolisme et basta.
Peut être que si vous n’arrivez pas être comme les autres dans ce monde futur, on vous mettra au clou. Oui pensez-y c’est possible.