En Chine, il existe un restaurant coréen qui a une particularité. C’est que les repas sont gratuits. Gratuits, oui, vous avez bien lu…mais pas pour tout le monde. Les repas à l’œil sont réservés aux belles femmes et aux beaux hommes.

Vous vous dites surement que c’est étonnant, et vous avez certainement envie de savoir comment les gérants de ce curieux restaurant font pour décider qui est beau et qui est laid. Eh bien c’est simple : ils ont fait installer à l’entrée un scanner de reconnaissance faciale dont les paramètres ont été codifiés par des chirurgiens esthétiques.

Non, vous ne rêvez pas ! Des médecins auraient accepté de se prêter à cette action commerciale. On peut se demander si ces chirurgiens ont bien conscience que la médecine exige une certaine éthique.

On peut bien prétendre avoir un avis plus éclairé que la moyenne sur ce qu’est un visage beau, faut-il pour autant s’en servir pour définir une forme de sélection, de distinction entre des personnes.

Imaginez une minute le ressenti de la femme ou de l’homme à qui la « machine » fait comprendre qu’elle est trop laide pour profiter d’un déjeuner ou d’un diner gratuit. Vous me direz qu’ils l’ont bien cherché. Car à moins de ne pas savoir qu’il existe une forme de sélection à l’entrée de ce restaurant, les gens qui s’y rendent doivent bien savoir qu’on y propose une offre originale.

Au point qu’on peut se demander si, en réalité, et au-delà de la perspective de manger pour rien, les gens ne viennent pas dans ce restaurant justement pour savoir si ils sont beaux ou pas.

Accepter qu’un dispositif technique vous qualifie est une forme de masochisme incompréhensible sauf si on se remet dans le contexte de la région. En Chine et bien évidemment aussi en Corée, il y a une vraie croyance dans la légitimité de la chirurgie plastique. Pour trouver un conjoint, pour trouver un travail, par complexe par rapport à la forme du visage, du nez des Européens, les jeunes chinois et les jeunes coréens qui en ont les moyens courent consulter un chirurgien et prennent rendez-vous pour subir une intervention.

Leur cas n’est pas forcément un cas extrême. Car ceux qui pour les mêmes raisons viennent subir une opération de chirurgie esthétique en Tunisie à des kilomètres de chez eux sont également soumis à une forme de pression autour des notions de « beauté et de laideur ». Mais c’est aussi le cas des gens qui sans se déplacer font leur intervention de chirurgie à Paris, à Lisbonne ou à Genève.

Simplement dans nos sociétés européennes et méditerranéennes, il n’y a pas encore de validation objective et publique des visages beaux ou moches….. Bonne chose ou hypocrisie.